ZERMATT, UNE INCURSION EN AFRIQUE

Il y a quelque 100 millions d’années, à l’époque où l’ancienne mer Téthys séparait encore la plaque africaine et la plaque européenne, des volcans actifs recouvraient le fond marin de roches volcaniques qui venaient s’ajouter aux sédiments marins.

Du fait de la dérive des continents, la plaque africaine a convergé, à travers cette mer, vers la plaque européenne, en poussant devant elle une partie des sédiments et des roches volcaniques déposés au fond de la mer. Lors de la rencontre de ces deux plaques il y a quelque 45 millions d’années, la plaque africaine a grimpé sur le bord de la plaque européenne en compagnie de roches du fond marin.

Sous l’effet de la pression, la croûte ainsi épaissie de ce bord de la plaque européenne a été à la fois comprimée et poussée vers le haut : le plissement alpin avait commencé.

Ce phénomène a laissé des traces visibles dans la région de Zermatt où l’on trouve réunis, dans un espace restreint, des types de roches de provenance africaine et européenne ainsi que des sédiments marins.

Vue du Cervin avec l'arête du Hörnli qui sépare la face nord (à droite) de la face est (à gauche).Vue du Cervin avec l’arête du Hörnli qui sépare la face nord (à droite) de la face est (à gauche). https://fr.wikipedia.org/wiki/Cervin

TROIS UNITÉS GÉOLOGIQUES S’OBSERVENT DANS LA RÉGION DE ZERMATT.

  • Au sud-est, c’est le soubassement granitique avec la nappe du Mont Rose, l’ancienne marge méridionale du continent européen.
  • A l’ouest s’élève la nappe granitique de la Dent Blanche, une partie du continent africain qui a été poussée sur les autres unités géologiques lors de l’édification des Alpes.
  • Entre la nappe du Mont Rose et la nappe de la Dent Blanche se trouve la zone de Zermatt qui correspond aux vestiges de l’ancien plancher océanique entre l’Europe et l’Afrique.

Vue sur la face est du mont Rose depuis le Mottarone, de gauche à droite pyramide Vincent, Schwarzhorn, Ludwigshöhe, pointe Parrot, pointe Gnifetti, Zumsteinspitze, pointe Dufour, Nordend.

La dent Blanche vue de l'estLa dent Blanche vue de l’est. https://fr.wikipedia.org/wiki/Dent_Blanche

ZermattZermatt. https://fr.wikipedia.org/wiki/Zermatt

Ce plancher océanique a connu des phases de volcanisme qui ont produit des roches désignées par le terme général d’ophiolites, des roches sombres et vertes de composition basaltique.

Les ophiolites sont d’anciennes laves qui résultent d’épanchements volcaniques issus de fissures et de cheminées à de grandes profondeurs et dans de l’eau froide au cours du Crétacé (145 à 66 Ma).

Bloc de serpentinite, roche couramment présente dans les ophiolites. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ophiolite

C’est ainsi que se sont formées les fameuses laves en coussins que l’on peut admirer lors de la montée depuis la station du téléphérique de Furi jusqu’au jardin des glaciers de Dossen.

Lors de l’édification des Alpes, une grande partie de ce plancher océanique volcanique a disparu englouti en profondeur et la petite fraction qui a échappé à cet enfouissement a été soumise à des pressions et des températures élevées.

A la suite de ce métamorphisme naquirent des serpentinites et des talcschistes, appelés stéatites.

DE NOUVELLES PISTES SUR L’ÉMERGENCE DES ANIMAUX IL Y A 540 MILLIONS D’ANNÉES

Tous les grands groupes d’animaux sont apparus dans le registre fossile pour la première fois dans un événement connu sous le nom D’EXPLOSION CAMBRIENNE, mais de nouvelles recherches suggèrent que cette explosion aurait en fait été un processus plus progressif

Opabinia

LES EUARTHROPODES
L’explosion cambrienne a produit les groupes d’animaux les plus diversifiés sur Terre qu’on désigne comme les euarthropodes qui incluent les insectes, les crustacés, les araignées, les trilobites, et une grande diversité d’autres formes animales vivantes et éteintes.

ILS REPRÉSENTENT PLUS DE 80 % DE TOUTES LES ESPÈCES ANIMALES DE LA PLANÈTE et sont des éléments essentiels de tous les écosystèmes terrestres ce qui en fait le groupe le plus important depuis plus de 500 millions d’années.

Une équipe basée à l’Université de Lausanne et au Muséum d’histoire naturelle de l’Université d’Oxford a réalisé l’analyse la plus complète des premiers euarthropodes fossiles de tous les différents types possibles de préservation des fossiles, dans un papier publié dans la revue PNAS, Perpectives des Proceedings of the National Academy of Sciences.

La nouvelle analyse présente un défi aux 2 principales hypothèses concurrentes admises jusqu’à présent sur l’évolution précoce des animaux.

La première suggérait une évolution lente et progressive des euarthropodes qui ont commencé il y a 650 à 600 millions d’années ce qui était cohérent avec les premières estimations de datation moléculaire de leur origine.
La seconde hypothèse revendiquait l’apparition presque instantanée des euarthropodes il y a 540 millions d’années en raison de taux d’évolution très élevés.

Un modèle de la lignée Peytoia, basée sur les fossiles de Burgess Shale au Canada. En haut à gauche : Gros plan des parties de la bouche et des appendices frontaux. En bas à droite : Vue d'ensemble du corps. Crédit : E. HornUn modèle de la lignée Peytoia, basée sur les fossiles de Burgess Shale au Canada. En haut à gauche : Gros plan des parties de la bouche et des appendices frontaux. En bas à droite : Vue d’ensemble du corps.
Crédit : E. Horn

UN MÉLANGE D’APPARITION ET D’ÉVOLUTION PROGRESSIVE

La nouvelle recherche suggère un compromis entre ces deux hypothèses AVEC L’ORIGINE DES EUARTHROPODES DATANT D’IL Y A 550 MILLIONS D’ANNÉES, correspondant à des estimations de datations moléculaires plus récentes et à la diversification subséquente au cours des 40 millions d’années suivantes.

Chacun des principaux types de preuves fossiles a ses limites et ils sont incomplets sur le plan individuel, mais quand on les regarde en ensemble, ces preuves sont mutuellement intéressantes et permettent une image cohérente de l’origine et de l’apparition des euarthropodes pendant le Cambrien inférieur à moyen selon la professeure Allison Daley, qui a effectué le travail au Muséum d’histoire naturelle de l’Université d’Oxford et à l’Université de Lausanne.

Cela indique que l’explosion cambrienne, plutôt que d’être un événement soudain, s’est déroulée progressivement au cours des 40 millions d’années du Cambrien inférieur à moyen.

https://actualite.housseniawriting.com/science/paleontologie/2018/05/22/de-nouvelles-pistes-sur-lemergence-des-animaux-il-y-a-540-millions-dannees/26764/

LE SABLE, UNE RESSOURCE EN VOIE DE DISPARITION

Le sable, omniprésent dans notre quotidien, est victime du pillage d’une industrie colossale, toujours plus vorace.

Le Sable, Enquête sur une disparition

Peu d’entre nous s’en rendent compte mais le sable arrive en troisième position des ressources les plus utilisées, après l’air et l’eau.

Il représente environ 200 usages quotidiens, allant de la filtration de l’eau à la fabrication de microprocesseurs entrant dans la composition de nos produits de haute technologie. Le sable est aussi transformé en verre, c’est d’ailleurs l’une des principales utilisations.

À côté de ces domaines assez évidents, le sable se cache aussi dans des produits beaucoup plus inattendus : parce qu’il est source de dioxyde de silicium, on en trouve ainsi dans le vin, le papier, le dentifrice et des milliers d’autres choses.

On se sert aussi du sable pour construire des avions puisqu’il entre dans la composition du plastique des réacteurs, de la peinture ou encore des pneus.

LE BÂTIMENT, GROS CONSOMMATEUR DE SABLE

Là où le sable est vital, c’est bien pour le secteur du bâtiment. Avec les granulats, il forme la matière première du béton que l’on trouve dans quasiment tout type de construction.

 

Parce que son coût de production est relativement bas, et qu’il présente des qualités inégalables, le béton armé est le matériau dominant à l’échelle planétaire. Or il est composé de 2/3 de sable et de 1/3 de ciment… Le sable est donc présent dans les 2/3 des constructions du monde entier.

Outre le bâtiment, le secteur public est lui aussi très friand du sable puisqu’il en a besoin pour construire ses routes par exemple.

sable construction

COMBIEN DE SABLE ?

  • Dans le monde, en utilise 15 milliards de tonnes de sable par an.
  • À part l’eau, aucune ressource n’est exploitée à ce point.
  • On extrait 75 millions de tonnes de sable marin des plages du monde entier.
  • Pour construire un hôpital, ce sont 000 tonnes de sablequi sont utilisées.
  • Pour construire une autoroute, 000 tonnes de sablesont englouties à chaque kilomètre et 12 millions de tonnes pour une centrale nucléaire !

L’EXTRACTION DU SABLE PROVOQUE DES DÉSÉQUILIBRES

Or le sable est une ressource non renouvelable. Pendant des années, le sable provenait de carrières qui s’épuisent. Face à ce constat et au besoin de s’approvisionner en cette ressource, on a décidé d’exploiter celui les rivières.

Mais cela a eu deux conséquences catastrophiques pour l’environnement : d’une part, l’extraction du sable provoque des crues ; d’autre part, lorsqu’on décide d’extraire du sable des rivières, on empêche le remblai naturel des plages. En effet, le sable présent sur les plages provient de roches situées parfois à des milliers de kilomètres. Il est charrié par les rivières et les fleuves jusqu’à son arrivée dans les mers et les océans.

Le dernier endroit où trouver du sable est donc au fond de la mer. Pour aller chercher le sable au fond des océans, les industriels font intervenir d’immenses navires spécialisés capables d’extraire et emporter jusqu’à 400.000m³ de sable par jour. Ce pillage des fonds marins entraîne de graves conséquences sur l’environnement.

Quand les dragues viennent pomper le sable au fond de l’eau, elles engloutissent une matière qui a mis des dizaines voire des centaines de milliers d’années à se constituer.

sable poisson

LA BIODIVERSITÉ EN DANGER

L’exploitation des fonds marins représente une catastrophe pour tous les organismes vivants. La destruction de l’habitat naturel des organismes situés au plus bas de la chaîne alimentaire entraîne leur disparition, ce qui affecte tous les maillons situés au-dessus. Tous les poissonsmeurent faute de nourriture : c’est donc la survie de toutes les espèces qui dépend du sable.

 

La biodiversité est menacée, engendrant des conséquences directes sur les hommes. Ainsi en Indonésie par exemple, de nombreuses familles vivent de la pêche. En effet, 92 % du poisson consommé là-bas provient de la pêche artisanale. Avec la destruction des fonds marins, ce sont les ressources de milliers de familles qui sont elles aussi détruites.

 

L’Indonésie souffre de l’appétit de son voisin Singapour. La cité-État s’est agrandie de 130 km² sur la mer, ces quarante dernières années. Ceci en achetant des milliards de tonnes de sable à l’Indonésie, avec des conséquences irréversibles sur la région. Ainsi, 25 îles de l’archipel indonésien ont été tout bonnement rayées de la carte à cause de cette prédation en sable de Singapour.

 

En exploitant à outrance le sable, c’est tout l’équilibre naturel qui est perturbé. Le pompage du sable marin crée un vide que la nature comble rapidement par les actions combinées du vent et des vagues. C’est alors le sable des plages et des îles voisines qui vient boucher les gigantesques trous. On assiste à un phénomène global d’érosion des plages : 75 à 90 % des plages du monde reculent, avec une tendance qui s’accélère. En Floride par exemple, 9 plages sur 10 sont en voie de disparition. Parfois, ce sont même des îles entières qui disparaissent.

LA FOLIE DE LA DEMANDE DE SABLE

Aux Pays-Bas, on a gagné du terrain sur la mer en construisant des digues, qui doivent être constamment renforcées et surélevées pour éviter les inondations. 12 millions de m3 de sable sont déposés chaque année sur les plages et au large des côtes.

Marché énorme, l’industrie du granulat se porte comme un charme. Et pour cause : on aura toujours besoin de construire des bâtiments et des routes. La demande de sable ne cesse de croître. Parfois, c’est pour assouvir les pires excentricités !

DUBAÏ ET SES EXCENTRICITÉS

Dubaï est connu pour ses excentricités architecturales : toujours plus grand, toujours plus haut, toujours plus cher, Dubaï ne s’impose aucune limite en matière de construction. Pas même la mer. Au début des années 2000, l’Émirat se lance dans la folie « Palm Islands ». Parce qu’à cause des spéculations, il coûterait moins cher au pays de construire une île artificielle plutôt que d’acheter des terrains, Dubaï investira plus de 12 milliards de dollars et consommera 150 millions de tonnes de sable pour construire son archipel.

dubai sableLes Palm Islands de Dubai © MarekKijevski / Shutterstock.com

Insatiable, Dubaï part en 2003, à la conquête du monde via son autre grand projet, « The World », un ensemble de 300 îles artificielles représentant la carte du monde. Bilan : 14 milliards de dollars et plus de 500 millions de tonnes de sable pour un projet qui s’arrêtera brusquement en 2008 à cause de la crise économique.

LE SABLE AU COEUR DES ÉCHANGES INTERNATIONAUX

On pourrait présumer que tout le sable utilisé provient des déserts tout proches. En fait il n’en est rien. Car il est impossible de construire une île artificielle avec du sable du désert. Il existe en effet différents types de sables. Selon leur provenance, ils ne présentent pas les mêmes propriétés. Ainsi, les grains qui constituent le sable du désert sont tout ronds et lisses du fait de l’action du vent qui rend de cette manière impossible toute agrégation. Le sable, pour être exploité dans une construction, doit présenter des angles afin de pouvoir s’agglomérer. D’où l’utilisation et la surexploitation du sable marin pour la construction, qui n’est en rien une ressource durable.

Les Émirats ayant largement épuisé leurs stocks, se voient contraints à importer du sable. Cela a été le cas pour Dubaï qui a importé son sable d’Australie afin d’ériger sa Burj Kalifa, devenue la plus grande tour du monde. L’exportation de sable aux pays du Moyen Orient rapporte à l’Australie 5 milliards de dollars par an.

De façon générale, l’industrie du sable brasse des milliards de dollars. Le marché est tellement gigantesque qu’il est gangrené par une véritable mafia.

LE SABLE, UNE RESSOURCE VICTIME DE TRAFICS

Qui dit surexploitation du sable dit raréfaction et donc prix qui augmentent. Cette surenchère a donné naissance à une mafia du sable, qui sévit particulièrement en Asie.

LA MAFIA DU SABLE

Le continent asiatique vit un rythme de construction vertigineux. La demande en sable y est tellement forte qu’elle a engendré un énorme trafic. Ainsi en Inde, la mafia du sable est extrêmement puissante. C’est elle qui contrôle tout le secteur de la construction. Chaque année, 2 milliards de tonnes de sable sont exploités illégalement dans le pays pour alimenter le boom de la construction immobilière.

extraction sableSingapour qui poursuit sa frénésie importerait illégalement du sable des pays voisins comme le Cambodge, le Vietnam, la Malaisie et bien sûr l’Indonésie. Ceux-ci, conscients de l’impact catastrophique de l’exploitation du sable de leurs plages ont officiellement stoppé les échanges. Pourtant, Singapour continue son trafic au travers de dealers et de sociétés fictives, avec la complicité de l’État.

Bien sûr, ce phénomène ne s’arrête pas aux frontières asiatiques. Le problème est mondial : les mafias viennent voler du sable partout. Le pillage du sable touche tous les pays du monde, sur tous les continents.

Au Maroc par exemple, la demande de construction explose. Le pays est devenu l’Eldorado des retraités et est depuis longtemps une destination privilégiée des vacanciers. Et il faut bien loger tout ce petit monde. Aujourd’hui, on estime que 40 % du sable a été volé sur les plages marocaines. De plus, ce sable est bien souvent mal lavé. Il n’est donc pas débarrassé du sodium présent dans l’eau de mer, ce qui rend les constructions vulnérables à la corrosion.

PROTÉGER LE SABLE

L’exploitation des ressources fait l’objet d’actions, d’ordre politique ou privé. On le voit pour l’eau par exemple, même si le chemin est encore long. En revanche, la question du sable n’est jamais à l’ordre du jour chez les plus hautes instances. Pourtant, il est plus qu’urgent de changer nos méthodes de construction afin de nous passer du sable.

D’autant plus que des alternatives existent déjà : la paille, le bois, les matériaux recyclés… On a même découvert que le verre, pouvait être à nouveau transformé en sable. Cette piste serait plus qu’intéressante à exploiter pour la construction, d’autant plus qu’¼ du verre jeté n’est jamais recyclé.

Rédigé par Annabelle, le 27 Dec 2016, à 7 h 15 min

https://www.consoglobe.com/le-sable-une-ressource-en-voie-de-disparition-cg/4

Le sable, enquête sur une disparition, un film de Denis Delestrac

http://www.informactionfilms.com/pdf/le-sable-enquete-sur-une-disparition_fr2.pdf

 

LUCA, DERNIER ANCÊTRE COMMUN DE TOUS LES ÊTRES VIVANTS ACTUELS

Cette cellule ancestrale, dénommée LUCA pour Last Universal Common Ancestor aurait existé entre -3,8 et -3.5 milliards d’années, avant que sa lignée ne se sépare pour donner naissance aux trois domaines du vivant : les bactéries, les archées et enfin les eucaryotes, auxquels nous appartenons.

L’arbre phylogénétique de la vie, basé sur une origine ARN proposé par Carl Woese dès 2006 et montrant la séparation entre bactéries, archées et eucaryotes. Source : NASA Astrobiology Institute.

D’après le scénario faisant actuellement consensus au sein de la communauté scientifique, la lignée des bactéries aurait divergé en premier, tandis qu’une autre lignée aurait donné par la suite les archées et les eucaryotes.

Quant à LUCA, il a certes disparu, mais certains de ses caractères survivent encore dans le génome de ses descendants.

Des chercheurs néerlandais à l’université de Groningue et à l’université de Wageningue, Antonella Caforio et ses collègues, ont reconstitué un hypothétique LUCA en laboratoire à partir d’une bactérie Escherichia coli, dont la membrane cellulaire est constituée d’un mélange de deux types de lipides, ceux trouvés dans la membrane des bactéries et ceux des archées, respectivement. Un exploit, qui apporte de nouvelles précisions sur la nature de Luca et sur les causes à l’origine de la spécialisation.

Faute de traces fossiles, les premiers instants de la vie cellulaire sur Terre restent mystérieux. L’une des méthodes consiste à partir de la structure génétique des organismes actuels et de tenter de retracer l’histoire évolutive en remontant le temps.

Une hypothèse classique fait de LUCA un organisme thermophile, c’est-à-dire vivant en milieu très chaud, ou même hyperthermophile. Ses descendants se seraient ensuite progressivement adaptés à de plus basses températures. Une autre décrit un monde primitif où les organismes auraient utilisé l’ARN (acide ribonucléique) pour enregistrer l’information génétique et non pas l’ADN (acide désoxyribonucléique). Mais l’ARN est plus fragile et se dégrade facilement quand la température est élevée…

Cette hypothèse du « monde à ARN » vient d’être relancée par le bioinformaticien Samuel Blanquart (CNRS), le biochimiste Nicolas Lartillot (CNRS, université de Montréal), Manolo Gouy (directeur de recherche CNRS, Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive à l’université de Lyon et leurs collaborateurs. Leur étude vient de paraître dans la revue Nature.

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Comparaison entre une molécule d’ARN (à gauche) et d’ADN (à droite). Source : GNU Free Documentation License 

LUCA, affirment ces chercheurs, a pu se développer dans un microclimat plus froid, puis des microdomaines environnementaux ont pu jouer un rôle déterminant dans la diversification des organismes.

« Ce n’est qu’après que les descendants de LUCA ont découvert la molécule plus thermostable de l’ADN, qu’ils ont acquise indépendamment (probablement issue d’un virus) et qu’ils l’ont utilisée à la place de l’ancien support plus fragile constitué d’ARN, affirme le professeur Lartillot. Cette transformation leur a permis de s’éloigner de leur petit microclimat froid, d’évoluer et de se diversifier en une variété d’organismes sophistiqués capables de tolérer la chaleur. »

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-luca-dernier-ancetre-commun-universel-aurait-il-ete-recree-laboratoire-17691/#xtor=EPR-17-%5BHEBDO%5D-20180326-%5BACTU-Luca–dernier-ancetre-commun-universel–aurait-il-ete-recree-en-laboratoire–%5D

COOBER PEDY, CAPITALE MONDIALE DES OPALES, AUSTRALIE

En Australie, l’opale est érigée au rang de pierre précieuse nationale.

Les sites d’extraction du pays produisent notamment plus de 95 % de l’opale précieuse utilisée dans le monde entier dans le secteur de la joaillerie.

 Opale, Yowah, Queensland, Australie – https://fr.wikipedia.org/wiki/Opale

Située à près de 700 kilomètres au sud d’Alice Springs, Coober Pedy est considérée comme la capitale mondiale de la production de cette pierre précieuse.

La chaleur est si intense la journée que de nombreuses maisons sont construites sous terre.

Les mines de Coober Pedy, dans un désert gris, poudreux, taillé en tranches par les bulldozers géants, troué de partout par les puissantes foreuses.

 Vue panoramique sur Coober Pedy – https://fr.wikipedia.org/wiki/Coober_Pedy

Deux chasseurs d’opales descendent dans un puits de 25 m. sans aucune sécurité. La nuit souterraine oppressante, au ras des bâtons de dynamite à mèche raccourcie de moitié pour aller plus vite en besogne… Le briquet qui grésille, allume un pétard, puis deux, puis trois… jusqu’à neuf.

Viiiite ! Tout va péter. Fuite éperdue. Virage à droite dans l’étroit boyau noir. A plat ventre, se boucher les oreilles. Boum ! Les explosions secouent violemment les entrailles du désert. Les hommes sont en sueur, poussiéreux, les casques cabossés.

Instant excitant, terrifiant. Des vies si proches, l’enfer tout autour.

Le bruit des roches qui s’effondrent partout au fond de l’unique boyau. Un cul-de-sac. La loupiote jaune des casques éclaire vaguement le décor.

Emotion étrange. La vie ? La mort ?

Le neuvième et dernier bâton de dynamite explose !

En cas de pépin – nappe de gaz, effondrement de la roche friable – c’est la souricière. Il n’y a qu’un puits de sortie équipé d’une interminable échelle de fer branlante, et d’une chaise à remontée électrique.

Partout la poussière fine et blanche colle à la peau.

Ruée vers la brèche faite par les explosifs.

Le mineur caresse les veines irisées, vertes, mouchetées de lumières rouges, du filon d’opale qui court loin dans les profondeurs de la terre. Demain, peut-être, derrière la roche grise il disparaîtra pour de bon et avec lui la fortune. Un vrai coup de poker ! Comme un serpent capricieux, le filon d’opale rampe à sa guise, souvent se perd à plus de quarante mètres sous terre, tue parfois les hommes qui veulent le capter.

Les dangers de la mine sont partout les mêmes, aggravés ici de risques de vols, de règlements de compte au couteau ou au fusil.

Les opales sont rares, certaines valent des milliers de dollars.

Vivantes, changeantes, mystérieuses, à l’image des terres d’Australie, elles fascinent ou font peur.

 

MEGANEURA, UN DES PLUS GROS INSECTES AYANT JAMAIS VÉCU SUR TERRE

Cette libellule géante est l’un des plus vieux et plus gros insectes au monde.

Ses dimensions étaient gigantesques : sa longueur était d’environ 30 cm, son envergure dépassait 70 centimètres et sa masse est estimée à 0,15 kg.

 http://www.prehistoric-wildlife.com/images/species/m/meganeura-size.jpg

Meganeura est apparue il y a 280 millions d’années, au Permien inférieur. Au Carbonifère, la population abondait. Durant cette période, les insectes ailés se sont beaucoup développés, en raison du taux d’oxygène élevé et de l’absence de ptérodactyles, dinosaures volants qui en seront les prédateurs à partir du Trias, il y a 230 millions d’années.

 Moulage d’un fossile d’un Meganeuridae indéterminé. Galerie de l’Évolution du Muséum des sciences naturelles de BelgiqueBruxelles.

Elle vivait dans les forêts tropicales, près des cours d’eau et des lacs. C’était un prédateur qui se nourrissait probablement d’autres insectes et de petits amphibiens qu’il attrapait par morsure, alors que les libellules actuelles utilisent leurs pattes.

Les ailes de meganeura étaient renforcées par des nervures et possédait un abdomen particulièrement long. Ses six pattes étaient plus solides que celles de nos libellules actuelles. On suppose ainsi que cet insecte se nourrissait probablement d’autres insectes et de petits amphibiens qu’il attrapait par morsure, alors que les libellules actuelles utilisent leurs pattes. Les larves étaient aquatiques et carnivores.

Les raisons de sa disparition sont encore très floues : on suppose qu’une diminution significative du taux d’oxygène et l’apparition de prédateurs pourrait expliquer l’extinction de ces insectes ailés géants.

Les premiers fossiles ont été découverts dans les années 1880 à Commentry, dans l’Allier, puis décrits et nommés en 1885 par un paléontologue français, Charles Brongniart, qui n’est autre que le fils aîné de Adolphe Brongniart, fondateur de la paléontologie végétale. L’holotype de cette espèce, c’est-à-dire le spécimen unique qui sert de modèle, est aujourd’hui exposé au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.

Meganeura face à la libellule
Meganeura La libellule
Ordre Protodonates Odonates
Genre Namurotypidae Anisoptères
Habitat Rivières, lacs Rivières
Taille 80 cm d’envergure 5 à 8 cm d’envergure
Poids 150 grammes 20 grammes
Alimentation petits amphibiens, insectes larves de moustique, têtards
Capture morsure pattes

http://www.linternaute.com/nature-animaux/animaux/dossier/animaux-disparus/meganeura.shtml

https://fr.wikipedia.org/wiki/Meganeura

LES ÉMERAUDES TRAPICHE

Un type rare d’émeraude est parfois trouvé dans les mines de Colombie. Une émeraude trapiche présente un motif en forme d’étoile.

Comment une forme d'émeraude Trapiche? Collection Wilma Van Der Giessen », trapiche émeraudes. Photo de Jeffery Bergman, © Primagem.

Ce phénomène est dû à un enrichissement temporaire en chrome.

La cristallisation s’effectue en deux phases:
• phase 1 : la cristallisation du prisme central se produit, puis s’enrichit en albite qui cristallise sous la forme de fins cristaux mélangés au béryl ; il se forme un eutectique qui se poursuit tant qu’il existe une arrivée de fluides. Une interruption crée une croûte sur les faces du prisme initial ;
• phase 2 : la cristallisation reprend lors d’un nouvel apport de fluide et se fait parallèlement aux faces du prisme initial. L’eutectique choisit les arêtes du prisme, seuls sites de croissance disponibles. Il faut que les eaux-mères soient saturées d’albite pour la poursuite de la croissance.

Le nom vient du terme espagnol trapiche, désignant une roue dentelée utilisée pour le broyage des minerais. Elles ont été décrites pour la première fois par Émile Bertrand en 1879.

Les échantillons les plus marquants proviennent de la mine Gachalá près de Chivor, située au centre de la Colombie.

Comment une forme d'émeraude Trapiche? Un trapiche émeraude de la mine de Muzo, Colombie. Photo: Luciana Barbosa

Hormis en Colombie, l’émeraude trapiche de couleur gris-vert n’est connue qu’à Madagascar.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trapiche_%28min%C3%A9raux%29
Image : « Collection Wilma Van Der Giessen », trapiche émeraudes. Photo de Jeffery Bergman, © Primagem.

http://www.geologyin.com/2017/12/how-does-trapiche-emerald-form.html#7JGwIS0hr1dZbX3w.99
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ÉRUPTION DU VOLCAN KILAUEA À HAWAÏ, LE 3 MAI 2018

Les îles hawaiiennes sont le seul Etat des Etats-Unis à être composé entièrement de roches volcaniques. A cause de ses origines volcaniques, Hawaii est en réalité juste une chaîne de volcans massifs dont les racines plongent à des centaines de mètres sous le sol océanique. Ce qu’on voit émerger au-dessus du niveau de la mer n’est qu’une fraction de l’ensemble volcanique.

LE VOLCAN BOUCLIER

Les éruptions hawaiiennes sont caractérisées par l’émission de lave basaltique très fluide et à haute température (1 100°C). Elles jaillissent en fontaines de lave qui atteignent parfois plusieurs centaines de mètres de hauteur, puis se répandent sur de vastes surfaces sous forme de coulées. Ces épanchements de lave fluide donnent naissance à des cônes aux pentes très douces appelés volcans-boucliers.

kilaueaLe Kilauea est un volcan bouclier : au milieu de pentes étendues, se trouve un cratère central contenant un lac volcanique rempli de lave en fusion. Crédits : Getty Images

Le volcan bouclier se distingue par une apparence plate. Les pentes sont peu prononcées et les coulées de lave peuvent couvrir plusieurs dizaines de kilomètre tout autour du volcan. Les éruptions ne sont pas explosives et le volcan va se former lorsque le magma est très fluide.

Un des volcans boucliers les plus célèbres est le volcan Mauna Loa qui couvre 85% de l’île de Hawaï. Sa base est au niveau du plancher océanique et il est le plus gros volcan sur la planète.

LES POINTS CHAUDS

Les points chauds ne sont pas situés aux frontières de 2 plaques. Ils peuvent «percer» la surface au milieu des océans ou des continents.

Ce type de volcanisme est lié à des remontées de panaches thermiques enracinés profondément dans la planète. Ces panaches ascendants de roches solides fondent partiellement en arrivant à proximité de la surface, et les liquides produits percent la croûte océanique ou continentale. Il est relativement rare (quelques dizaines de volcans au maximum).

Le point chaud ne change pas de position tandis que la plaque où il se manifeste est en mouvement. Ainsi un volcan apparaît, la plaque bouge, l’alimentation est stoppée et le volcan meurt. Un autre volcan apparaît un peu plus loin à la verticale de la remontée de magma. Le phénomène se reproduit ainsi de proche en proche. Le point chaud se manifeste en surface par l’apparition d’un volcan, le résultat final est un alignement de volcans d’autant plus anciens qu’ils sont éloignés du point chaud. L’alignement de ces volcans permet de mettre en évidence la vitesse et la direction du mouvement des plaques par rapport au point chaud fixe.

Cette dynamique est illustrée sur l’animation ci-dessous (source www.vulcania.fr) :

 

http://voyage.hawaii.free.fr/volcans/page-volcans.html

http://www.simplegeo.ca/2011/11/le-monde-des-volcans-bouclier.html

https://www.to-hawaii.com/fr/volcans.php

L’EPFL, DÉVELOPPE UN NOUVEAU CIMENT ÉCOLOGIQUE

La production de ciment est responsable de presque 10% des émissions de CO2 dues aux activités humaines. Produire une tonne de ciment Portland relâche jusqu’à 800 kg de CO2 dans l’atmosphère. Cette nouvelle sorte de ciment peut réduire jusqu’à 40% l’empreinte carbone.

Comme l’explique Karen Scrivener, scientifique responsable du projet à l’EPFL, l’efficacité de ce nouveau ciment vient de sa composition chimique.

Baptisé LC3 pour «Limestone Calcinated clay and Clinker Cement», il est constitué d’argile calcinée et de calcaire broyé. Les aluminates du premier interagissent avec le carbonate du deuxième, résultant en une pâte moins poreuse et donc plus résistante.

Ces matériaux étaient jusqu’alors utilisés de manière séparée pour remplacer une petite partie seulement du ciment. Or, mis ensemble, ils peuvent en assurer jusqu’à la moitié sans altérer la performance du produit final.

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Image : © bnzai9 / Flickr sous une License Creative Commons

https://actu.epfl.ch/news/un-nouveau-ciment-ecologique-pour-repondre-aux-bes/

JEAN-PHILIPPE LOYS DE CHESEAUX, ASTRONOME VAUDOIS, XVIIIe SIÈCLE

La comète C/1743 X1 est une comète observée notamment par Jean Philippe Loys de Cheseaux, le 13 décembre 1743, publiée en 1744 dans son Traité de la comète qui fait sensation et le consacre à l’âge de 26 ans.

La comète de Cheseaux devint visible à l’œil nu entre fin 1743 et début 1744 et montra des effets spectaculaires et inhabituels dans le ciel. Elle est classée parmi les « grandes comètes ». Elle est particulièrement célèbre pour avoir développé un ‘éventail’ de six queues après avoir atteint son périhélie.

Les queues de la comète, observées avant le lever du jour le 9 mars 1744, tiré de Les Comètes / Amédée Guillemin, 1875, d’après de Chéseaux. Crédit : Observatoire de Paris 

L’astronome découvre par la suite d’autres comètes comme C/1746 P1. Dès lors, il est considéré par ses pairs comme l’un des plus grands scientifiques de son temps : il devient membre des Académies de Paris, de Saint-Pétersbourg, de Stockholm, de Göttingen et de la Royal Society de Londres. En 1746, il présente une liste de nébuleuses, comprenant huit de ses découvertes, à l’Académie française des sciences.
<b>Jean Philippe Loys (de Cheseaux)</b><br>Portrait de l'astronome. Huile sur toile de  Jean-Pierre Henchoz,  1746 (Collection de l'université de Lausanne; photographie Claude Bornand).<BR/>Dans sa bibliothèque, on peut repérer quelques auteurs d'ouvrages de science et de philosophie (Newton, Euclide, Platon, Archimède) et la <I>Sacra Biblia</I>.<BR/> Portrait de l’astronome. Huile sur toile de Jean-Pierre Henchoz, 1746 (Collection de l’université de Lausanne; photographie Claude Bornand).

Jean Philippe Loys de Cheseaux est fête au centre du village et au château de Cheseaux les 4 et 5 mai 2018 pour les 300 ans de sa naissance

http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F15895.php
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Philippe_Loys_de_Cheseaux